2005-07-23 Néouvielle

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Un (long) circuit dans le massif du Néouvielle

État de publication : phase de relecture

Date : du samedi 23 juillet au lundi 26 juillet 2005

Participants : Benoît Degand, Fabrice Mendes, Bruno D., Céline L., Michael Pujos (Bobbie)

Samedi 23/07

Ce soir nous devons bivouaquer au lac det Mail au dessus du refuge de la Glère. Plutôt que de monter par la piste, nous décidons de partir de Barèges et d'emprunter le GR10 qui part vers Luz et croise le sentier qui monte de Luz vers la massif du Néouvielle. Départ vers 15h de Barèges donc et montée dans la forêt surplombant la route.

Après 45min le GR passe sur une route goudronnée et nous dominons Luz alors que des nuages commencent à s'amonceler. Nous ne sommes pas très sûrs du chemin parce qu'on s'écarte de plus en plus de la direction du massif lorsqu'un agriculteur providentiel nous remet sur la voie... une voie avec un beau panneau "chemin privé". Peu importe ! (NdP: l'agriculteur venait de la voie privée). On longe le torrent sur un sentier peu visible et aléatoire avant de rejoindre plus haut le vrai sentier qui nous mène à la cabane de Sardiche dans un coin assez austère et désert bien que proche de la civilisation.

Après une bonne pause nous repartons avec face à nous un fond de vallée raide. Nous savons qu'il faut passer de l'autre côté mais de loin on ne sait pas trop comment ça va passer hors il est déjà 19h30 et le ciel s'est bien dégagé. On a de la chance !

Nous arrivons enfin vers 20h30 à l'intersection du sentier qui monte de Luz avec le sentier qui relie le refuge de la Glère au refuge Packe.

On s'accorde une halte sur un petit promontoire à proximité qui domine bien la vallée que l'on vient de gravir et le refuge de la Glère en contrebas dans l'ombre. cette heure-ci la lumière du soir est magnifique et l'effet avec la brume au lointain est saisissant! Le brouillard plus bas virevolte sans jamais nous atteindre, disparaissant aussi vite qu'il est apparu !

Peu après nous arrivons au lac det Mail. Tout le monde est arrivé, pour la plupart des pêcheurs - nous sommes les derniers et trouver un spot de bivouac ne s'annonce pas facile ! De l'autre coté du lac il semble y avoir de vertes pelouses accueillantes et nous y trouvons un bon coin qui domine le lac vers 21h30 - record absolu battu pour planter une tente!

C'est donc à la lumière des lampes torches que nous mangeons et les initiateurs de ce petit détour pour rejoindre le lac se font copieusement admonester pour sa longueur...! promis on recommencera pas ce n'est pas notre genre !!! (NdP: no comment)

Dimanche 24/07

Aujourd’hui nous faisons le Néouvielle ! Après un solide petit déjeuner et une photo de groupe au bord du lac sous un soleil radieux, nous partons vers la fameuse brèche Chausenque vers 9h30. Nous contournons l’immense lac det Mail par l’Est pour atteindre le petit vallon qui monte vers la brèche en droite ligne avant de s’incurver vers la fin. Un peu plus haut, nous passons à droite d’un petit lac aux eaux sombres bordé d’un immense ressaut vertical d’un coté et formé d’un immense pierrier de 200m de dénivelé dans lequel nous ne voyons pas de sentier évident. La montée pierrier s’avère raide et fastidieuse. A la fin nous nous accordons un moment de pause en contemplant des varappeurs croisés plus bas qui ont entamé l’ascension d’une paroi verticale.

Nous atteignons la brèche vers 13h et savons déjà que nous sommes en retard pour faire le sommet. Nous mangeons rapidement à l’abri du vent coté Néouvielle puis 3 d’entre nous décident de faire le pic car il serait dommage de ne pas le faire ! On vient pas tous le jours dans le massif ! (NdP: Le sommet est à portée... mais il est tard, "le guide des 3000" ne nous rassure pas mais ce serait dommage de passer si près et de ne pas le faire.)
Le groupe se scinde en deux : Bruno et Céline redescendent vers la lac d’Aumar, Fabrice et Benoît et moi même partons pour le sommet après avoir caché les sacs dans les rochers. On croise du monde sur le glacier qui fond à vive allure : un groupe de gamins encadré par des guides descend en faisant beaucoup de raffut. Ayant oublié mes lunettes j’évite la neige et préfère longer les rochers alors que mes deux coéquipiers qui me précèdent ont pris un peu d’avance. Avant de quitter le glacier il faudra que je mette un peu les mains pour de l’escalade facile. Nous atteignons le sommet en moins d’une heure, et de la haut la vue est splendide sur Gavarnie, le Mont Perdu, le Vignemale et à l’Est des pics arriégeois lointains que nous ne savons identifier. Nous sommes les derniers à quitter le sommet et probablement les ultimes visiteurs de la journée.
(NdP: Il n'y a guère de difficulté pour le Néouvielle en cette saison en dehors du glacier/névé un peu long. La partie escalade est courte, facile et pas vraiment impressionnante. F+)

Nous entamons la longue descente vers les lacs d’Aubert et d’Aumar en empruntant la neige sur les chapeaux de roues. A mi-chemin une stupide sente manque de peu de nous envoyer à notre perte vers les falaises surplombant le lac et d’achever notre carrière de montagnard avec le statut d’idole – un statut peu enviable en la circonstance ! Marris de notre erreur, nous quittons les sentes de l’exploit en remontant sur une trentaine de mètres pour retrouver le sentier officiel moins direct mais plus sûr.

Nous arrivons au lac d‘Aubert vers 18h et la fatigue commence à bien se faire sentir ! Que n’avons nous pas donné rendez vous au second groupe ici plutôt qu’au lac de Madamète, un col et 400m de dénivelé plus loin ! Notre abattement est d’autant plus grand qu’un magnifique bivouac autorisé nous tend les bras (ou plutôt ses vertes pelouses) à proximité du lac et nous aurait permis de profiter tranquillement de la soirée qui s'annonce ensoleillée.

C’est un peu exténués que nous prenons le chemin qui monte au col de Madamète via le GR10. La montée est pénible avec la fatigue et je suis obligé de m’arrêter à intervalle de plus en souvent pour respirer. J’arrive à peine à apprécier la beauté du petit lac caché en dessous du col que l’on découvre au dernier moment en montant et ça fait belle lurette que je dédaigne l'appareil photo. (NdP: //FIXME comprends pas)

La descente du col au lac de Madamète est moins désagréable car le terminus et le repos se rapprochent.

Nous installons le campement vers 20h30 au bord d’un petit laquet surplombant le grand lac de Madamète d’une bonne centaine de mètres. Le deuxième groupe qui nous a attendu un long moment au lac d’Aubert (dans l’espoir d’y bivouaquer) n’arrive que cinq minutes avant nous. La soirée est courte après avoir fait lavance (oui oui cette expression n'est pas dans le dico..tant pis!), apéro et pitance, nous allons nous coucher bien fatigués par cette longue et éprouvante journée, heureux quand même d'avoir fait le sommet!

Lundi 25/07

Aujourd'hui est le jour de la descente vers le pont de la Gaubie où nous avons laissé une voiture. Après les efforts des deux derniers jours enfin une journée calme !

Nous partons seulement à deux pour faire le Pic de Madamète alors que le reste du groupe descend à la cabane d'Aygues-cluses. Partie la fatigue de la veille ! La montée au col de Madamète puis au pic est agréable sans les sacs sous un soleil modéré. Du Pic la vue sur le Néouvielle et ses copains est d'enfer (rien à voir avec les Pics d'Enfer...) et l'on revoit bien la longue descente de la veille. Côté vallon Dets Coubous les nuages s'arrêtent comme par enchantement au barrage. En contrebas du col Lurtet on reconnaît l'immense pierrier merdique où l'on est passé en 2001 avant de bivouaquer au lac Blanc passablement épuisés. Du pic nous rejoignons le col de Tracens plus bas que le col de Madamète, qui se poursuit sur une crête bien découpées parsemée d'épineux odorifères.

Nous récupérons les sacs au bivouac après que Benoît dans un moment d'égarement aille se perdre au bord du lac de Madamète alors que le bivouac était nettement au dessus... Pendant la descente vers la cabane nous croisons un marcheur qui veut que nous disions à son collègue plus bas que le lac n'est plus qu'à 5 minutes pour le motiver... le coup classique: ça fait 30 minutes que le lac n'est qu'à 5 minutes et nous trouvons le pauvre bougre suant et soufflant... bref, sur les rotules. Il a de la chance ! le lac est à 5 minutes !!

Nous nous restaurons à coté de la cabane d'Aygues-Cluses avant d'entamer le descente du vallon. Peu étonnant que les concepteurs du GR10 aient préféré ce vallon assez sauvage dont la végétation n'est pas sans rappeler celle de la vallée du Marcadau au vallon d'Ets Coubous juste à coté. Le tracé du GR10 traverse par la droite deux plateaux successifs séparés par un ressaut rocheux alors qu'il aurait pu passer plus facilement au centre moins chaotique. C'est probablement pour éviter que le touriste ne perturbe les troupeaux avec ses gros souliers!

Nous nous accordons une brève halte à la pittoresque et rustique Toue de la Pegue (charmant bri aménagé sous rocher.). Le ciel se couvre rapidement en altitude et un brouillard très véloce et changeant nous entoure cachant partiellement les environs au gré de ses caprices - cela confère a cette descente un certain charme accentué par le cri sinistre de marmottes que manifestement l'on dérange!

Arrivés à la voiture dans le brouillard vers 15h30, des profiteroles au chocolat et des crêpes nous attendent à la petite échoppe du pont de la Gaubie pendant que des cyclistes explosés montent au col du Tourmalet en VTT ! Ils sont fous ces cyclistes ! La rando c'est mieux que le vélo ! (conclusion: si tu n'a pas la nouvelle Clio fait de la rando plutôt que du vélo!)

Auteur : Bobbie.
Publication : FAb.